dimanche 8 janvier 2017

Produire des fourrages avec des céréales germées: une nouvelle façon d’aborder la nutrition dans l'élevage biologique.


« Les germes de céréale contiennent plus de 14 % de protéines solubles. La teneur en vitamine A est de 500 fois supérieure à celle des minéraux commerciaux. On y trouve en moindre quantité de la vitamine B et E et de l’acide folique », énumère Roland Poirier. Dans la ration, on vise l’apport de 10 kg par jour par vache. 

Avantages et applications

Une production de germes de céréale garantie de fourrage vert 100% naturel chaque jour, quelles que soient les conditions climatiques. La technologie produit de manière constante une herbe de qualité optimale et de consistance printanière tout au long de l’année, indépendamment des vicissitudes saisonnières.
La possibilité de bâtir et de respecter un programme scientifique d’alimentation tenant compte des besoins nutritifs des animaux ainsi que des objectifs de performance.
Le fourrage vert hydroponique permet une optimisation des performances zootechniques : augmentation de la production laitière, accélération du processus d’engraissement avec une rotation plus rapide du capital investi dans le cheptel, meilleure résistance aux maladies, meilleures performances reproductrices, meilleur goût du lait et de ses produits dérivés, etc.
La technologie opérant sans sol, il n’y a donc pas de déchets: 1 T = 1 T nette. L’entièreté de la masse fourragère est consommée par les animaux, y compris les racines.
Gain important de terrains. Par exemple, une Usine de Fourrage Vert d’une capacité de 20 T/jour occupe une superficie d’environ 1.700 m² (y compris les annexes) et peut remplacer la capacité de production de 200 hectares de pâturage. Par conséquent, les terres gagnées grâce à l’utilisation de la technologie peuvent être affectées à d’autres usages, contribuant ainsi, par la diversification des cultures, à une productivité accrue de l’exploitation agricole.
Gain d’eau de plus de 98%. La consommation d’eau représente moins de 2% de la quantité d’eau qu’il faudrait pour irriguer des espaces de cultures traditionnelles pour un rendement similaire.
La consommation électrique est faible et sa part dans le coût de revient du fourrage est négligeable ,compte tenu de la production intensive.
Le coût de revient du fourrage est très faible comparé au coût des aliments traditionnels alors que les valeurs nutritives contenues dans le fourrage sont élevées et constantes tout au long de l’année.
La technologie est d’un intérêt vital dans de nombreuses applications :
  • Régions souffrant de conditions climatiques défavorables (sécheresse, désertification…)
  • Rentabilisation d’exploitations dont les zones de pâturages sont trop restreintes (régions montagneuses, îles, …)
  • Pays où le coût du terrain est élevé.
  • Régions où les préoccupations écologiques sont à la recherche de solutions pour lutter contre les processus de dégradation des sols, d’érosion et de déforestation par manque de terres de pâtures
  • Grâce aux unités de production de Fourrage Vert, la création de nombreuses industries de traitement et de transformation en aval des filières « lait » et « viande » (production de beurre, margarine, milk-shakes, yaourt, viande en conserve, etc.) peuvent être à la base d’un véritable essor économique et favoriser l’emploi de manière significative, en créant ou améliorant le bien-être, même dans des régions où de tels développements agricoles n’étaient jadis qu’un rêve utopique dans des circonstances traditionnelles.
  • En garantissant l’indépendance et l’autonomie en fourrage vert, la technologie assure une meilleure planification de l’activité d’élevage et une meilleure gestion financière de l’exploitation. En effet, dans des circonstances traditionnelles, les pertes et les coûts engendrés lors de la survenance d’un événement défavorable (sécheresse, désertification, …) sont importants et peuvent faire ressentir leurs effets pendant plusieurs années sur la rentabilité de l’exploitation: mortalité, coût de la transhumance, hausse du prix des aliments traditionnels, faiblesse du bétail le rendant plus vulnérable aux maladies, diminution importante du « cash-flow » de l’exploitation d’élevage ou apparition de « cash-drain » empêchant toute politique de réinvestissement et de croissance. L’attitude fataliste du fermier qui était due à la grande dépendance du hasard (aléas climatiques) fait place maintenant à une gestion rationnelle en fonction des objectifs.
  • Une unite industrielle de production de Fourrage Vert est un investissement très rentable.Toutes les études réalisées dans le monde montrent des résultats exceptionnels relatifs à la rentabilité du capital, ainsi qu’à la rentabilité de l’investissement et à la période de récupération du capital investi. C’est pourquoi de tels projets mériteraient d’être considérés par des investisseurs qui sont ouverts aux sciences et aux technologies.

Qualité nutritive du fourrage germé hydroponique


L’utilisation de céréales germées apparaît déjà comme un bon complément en vitamines et minéraux (CMV) pour une ration. Cet apport pourra constituer une part réduite de la ration comme une part plus importante. Tout le troupeau pourra en recevoir, mais s’il faut faire des choix, il sera judicieux de préférer les animaux faibles, les mères en début de lactation, les reproducteurs, les vaches avant la mise à l’herbe par exemple. Sans toute fois oublier les animaux mono gastriques tels que les chevaux et lapins; l’orge germée, leur est bien bénéfique.
La germination augmenterait-t-elle les valeurs protéiques et glucidiques des graines ?
C’est à cet effet que les études et articles publiés divergent. Cependant, l’amélioration des teneurs en vitamines et minéraux n’est pas remise en cause. La littérature scientifique semble s’accorder sur l’augmentation de la valeur en vitamines (A, B, C) et des minéraux, notamment le phosphore et le calcium. L’apport en vitamines améliorera la croissance et la défense immunitaire. L’efficacité digestive sera améliorée, l’assimilation du reste de la ration aussi. L’effet sur l’appétence permettra aussi, lorsque les graines germées sont mélangées au reste de la ration, d’augmenter les quantités ingérées. C’est certainement la raison pour laquelle les animaux se portent très bien.

La levée de dormance lors de la germination permet d’activer des enzymes et d’en synthétiser de nouvelles (les enzymes glucidiques comme l’amylase, la cellulose et les protéolytiques comme les protéases et les lipidiques comme les lipases…). Ces composés sont des catalyseurs biologiques qui permettent de découper les chaînes d’atomes. On obtient des molécules plus petits et plus facilement assimilables. L’amidon et la cellulose se transforment en sucres simples, les protéines en acides aminés et les lipides en sucres. D’autres transformations concernent la diminution des facteurs antitrypsiques . Diminution aussi de l’acide phytique par augmentation de la pytase qui permettra une meilleure assimilation des minéraux…

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire