mardi 30 mai 2017

La stratégie du « PUSH-PULL » pour la lutte contre la la striga du Maïs

L'un des défis majeurs des producteurs de céréale est la lutte contre la Striga, un genre de plantes holo-hémiparasites épirhizes de la famille des Orobanchaceae qui fait des ravages dans les cultures de céréales. Dans cet article nous vous proposons un   système de stimulo-dissuasion qui consistent à repousser l’insecte ravageur de la culture par le biais de plantes répulsives (« push ») et à l’attirer en bordure de la parcelle cultivée par le biais de plantes pièges (« pull »). Il s'agit également d'attirer les auxiliaires (« push ») sur la culture commerciale pour qu'ils exercent une prédation sur les ravageurs.

En Afrique de l'Ouest, des millions de personnes dépendent du maïs et du sorgho.Cela,tant pour leur sécurité alimentaire que pour leurs revenus. Pourtant, leurs productions souffrent de contraintes diverses. Des contraintes liées à la faible fertilité des sols,à la présence de la foreuse de tiges,de plantes adventices telles que le Striga hermonthica, à la méconnaissance de techniques de lutte contre ces parasites, au niveau pas très élevé du système de vulgarisation. Les foreuses des tiges sont responsables de pertes de rendement variant de 30 à 40 %. Les infestations par la striga, elles, causent une perte de 30 à 50 % pour l'économie agricole africaine sur 40 % de ses terres arables. Bien que la lutte chimique soitrecommandée, elle n'est ni économique, ni pratique pour les petits exploitants, d'autant qu'elle a des conséquences négatives sur l'environnement et sur la santé humaine. La méthode culturale généralement utilisée, consistant à déraciner la striga exige une forte main d'oeuvre et s’avère moins efficace. L'adoption de techniques efficientes de lutte reste limitée en raison du manque de main d'oeuvre,de la faiblesse des connaissances relatives aux problèmes de ravageurs et du manque de ressources diversifiées, nécessaires aux investissements qui s'imposent. Il est alors important de penser à des stratégies simplifiées afin de faire face aux risques croissants qui menacent les moyens de subsistance des petits exploitants. La stratégie du « Push-pull » (repousser-attirer) en est une. Elle fait appel à la connaissance de l'écologie chimique et à la biodiversité agricole de la foreuse de tiges, ainsi qu'à la gestion de la striga. 

La culture du maïs en association avec le Desmodium résulte en un clair effet allélopathique suppressif sur le Striga, mettant en jeu à la fois la stimulation chimique de la germination et l'inhibition du développement du système racinaire de cette mauvaise herbe parasite et de sa fixation (par haustoria) sur celui de la plante hôte
Exemple du gombo en Afrique de l'Ouest avec utilisation du pois d'Angole ou du sorgho comme plante piège en bordure (Dispositif expérimental à l'Inran/Birni n'Konni au Niger en 2008)
La stratégie « push-pull » de détournement stimulo-dissuasif est considérée comme un exemple emblématique de gestion agroécologique des ravageurs, adaptée aux petites surfaces non mécanisées comme c'est le cas pour les cultures maraîchères notamment en agriculture familiale en Afrique de l'Ouest. Les processus de régulation des bioagresseurs y sont aussi bien « bottom-up » que « top-down », avec mobilisation de prédateurs généralistes.

Pour aller plus loin
Si vous souhaitez vous former sur la lutte biologique, vous pouvez vous rendre sur le module de formation en ligne du projet UVED IBAR : Espèces invasives (insectes et îles), lutte biologique et gestion agroécologique à la Réunion

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