mercredi 17 juin 2015

Mémoire


Hier, quand grand père se fit des repères
Repères par lesquels il limita sa terre,
L’iroko, le fromager et le teck
Voilà comment se rappeler.
Quelle mémoire ces arbres
Qui retrace notre histoire !


Aujourd’hui, je vois ce cimetière
Cette place où brillait cet arbre d’hier
Aujourd’hui vide, sèche.
Plus de pluie, plus de vie,
Mon cœur non plus ne sourit.
Où est ma mémoire où est mon espoir ?


Là-bas dans les tables-bancs
Ici dans ce vide placard.
Disséquée, et vendue
Ma mémoire est à jamais perdue.
Oh père de mon père, Oh mère de ma mère,
Voici dans ma poche les pièces de monnaie
La monnaie quigrince en silence.
L’iroko, le fromager et le teck
Sont à présent à mes pieds.
Me voilà damné à la colère de mère nature
En crise d’identité car sans mémoire
En perte de moi-même car sans histoire
Et que dirai-je à ma fille ?

Quand demain elle sous le seleil
Elle voudra soulager du soleil
Quel est donc cette mémoire qui la couvrira de son hombre
Quelle feuille coeuillera-t-elle
Pour la confier au vent d’amitié qui passe
Que dirais-je à mon fils ?

Qu’on me rende mon histoire
Qu’on me rende ma mémoire,
En vain je plante ces pièces du pezole
J’espère qu’il n’est pas trop tard
Trop tard pour replanter ma mémoire.
Tard que la mémoire revive

C’est notre histoire
Il  réveille en moi des souvenirs confus.
Je l’ai vu, moins triste et moins modeste.
l’orage elle avait un noble geste
C’elle telle qui me passionne et m’inspire la vie.
Je m’en vais planter ma mémoire


Je suis paysan, agroécologiste, ma passion les plantes... et cette diversité génétique de plante est garante de notre alimentation, préservons là!

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